Avis sur : Fables de J. Anouilh

Publié le 1 Septembre 2020

En digne héritier de La Fontaine, Anouilh livre sa propre version des fables. Modernité et actualisation sont au programme de son petit recueil.

Parfois, ce sont des personnages qui changent, parfois même des rajouts dans « l’intrigue », ou parfois même la morale, et quelquefois, tout ça à la fois, comme dans « la Cigale » où la prêteuse se fait mesquine et hypocrite, et où le renard remplace la fourmi. Le cadre n’est plus la forêt innocente, mais le milieu du show-bizness, impitoyable et cruel. Mais Anouilh livre aussi des fables plus simplistes, mais toujours plaisantes, comme « l’oiseau rare », « les trois lions » ou « la chèvre folle » où l’auteur décrypte nos comportements, leurs futilités, leurs conséquences parfois contraires à nos désirs.
On lit les fables d’Anouilh comme on lirait les portraits de La Bruyère dans Les Caractères : satiriques, on y reconnaît des classes entières de personnes obéissant à des comportements stéréotypées : l’hypocrisie, l’égocentrisme, la vanité…Anouilh se met même en abyme dans « le fabuliste improvisé » dont la morale nous ramène à l’humilité de l’auteur (peut-être en trompe-l’œil ?) « ne forçons point notre talent, comme on dit dans une autre fable ».


Références J. Anouilh Fables Gallimard, Folio, Poche - 158 pages

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